Coordination des Clients des Chemins de fer de Provence - "Faire de ce Train la fierté de la Provence !"
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 Compte-rendu Mise à jour de cette page le 21/02/06 Vie quotidienne 
 

Coup de Gueule
PRISE D’OTAGES A LINGOSTIERE
ou comment faire 24 kilomètres en 1h45

 

La Compagnie Financière (euh… Ferroviaire) du Sud de la France serait-elle devenue elle aussi une tueuse de trains ? Ou seulement cherche-t-elle à assassiner ses clients ?

Ce mardi matin à Lingostière, les passagers du train 202 ont été abandonnés, sans remords, pendant 45 minutes, devant les ateliers et à 20 mètres des locomotives de secours. Puis le train a été administrativement supprimé. Le problème ? Une trentaine d’actifs, se rendant au travail, étaient dedans.

Ou l’histoire de la CFSF, « La Compagnie » qui fait de la non-gestion jusqu’à l’indigestion.

1 - UNE PANNE, OUI , MAIS PREVISIBLE

Nous le savions dès 7h09, au départ à Plan-du-Var. Le train remontant vers Digne, que nous devions croiser à Saint-Martin du Var, accusait déjà huit minutes de retard. Nous devions effectuer un échange de train, l’autre autorail ne pouvant remonter sur Digne. A nous l’autorail défaillant !


La X-306, peu coopérative ce matin du 21 février

2 - DES PROBLEMES DES LE DEPART

En effectuant le transbordement à Saint-Martin, nous doutions déjà de notre arrivée à l’heure au travail. La X-306, déjà en descente, avait un mal fou à prendre de la vitesse. Allait-elle passer la rampe de Saint-Isidore ? Tout le monde se posait la question. La Direction des Chemins de fer de Provence travaillait-elle sur le problème, connu depuis maintenant au moins une demi-heure ? Nous aurions pu l’espérer. N’importe quelle Entreprise digne de ce nom serait déjà sur le pied de guerre à peaufiner un scénario pour la trentaine de passagers prisonniers d’une machine capricieuse. Chez CFSF, pas de panique.

Ne rien faire et laisser braire, telle est sa devise.

3 - ATTENTE ET FAUX-ESPOIRS

A La Manda, puis à Bellet, les démarrages étaient de plus en plus pénibles. Certains se demandaient, en souriant, s’il allait falloir pousser dans la côte qui s’approchait. Il n’y avait que des habitués ce matin-là : Les problèmes des Chemins de fer de Provence, ses autorails en décrépitude, sa voie surannée, on les subit tous les jours avec philosophie.

Puis vint l’arrêt en gare de Lingostière. Une tentative de départ de la X-306 à bout de souffle. Sa dernière. Elle fera dix mètres.

Tomber en panne devant les ateliers de réparation, devant les deux locos Brissonneau et la Henschel, sur les voies de garage, juste devant nous, on ne pouvait espérer mieux. La solution serait vite trouvée. Ce n’est pas comme tomber en panne à 100 kilomètres de là, en rase campagne. Non ? Si.

7h54. Nous devrions être arrivé à Nice-Provence. Nous sommes à 7km du terminus. Nous ne nous doutons pas une seconde qu’il nous faudra 55 minutes pour y arriver !

4 - DE LA PRISE D’OTAGE A L’ERADICATION PURE ET SIMPLE

Premier quart d’heure d’attente… Des mécanos s’affairent autour de la bête agonisante. Sans espoir. Déjà, on s’inquiète. Il est 8h05, le train en provenance de Nice aurait dû nous croiser depuis dix bonnes minutes. Lingostière est une gare à double voie, il n’y a aucun souci technique. Technique, non ? Commercial ? Il n’y a que des actifs dans ce train en panne, soucieux d’arriver à l’heure au travail. Matériel, alors ? Non plus. Sur les trois locos face à nous, il y en a bien une qui pourrait nous remorquer jusqu’à Nice. Au pire, le train suivant, devant arriver à Lingostière à 8h09, pourrait nous pousser. Le fin mot est « Administratif ». Les trains ne peuvent se croiser qu’aux gares prévues. Quelle que soient les circonstances. Or comment un train peut-il en croiser un autre en panne ? Mystère. Pas de solution. Quand « Sécurité » finit par rimer avec « Stupidité ».

Second quart d’heure d’attente. Le flou, l’inconnu, l’inquiétude et la colère montent peu à peu. Nous apprenons que tous les trains de la ligne, entre Nice et Plan-du-Var, sont paralysés par cette panne. Et puis, la nouvelle tombe. La seule qui peut débloquer cette situation ubuesque, dûe à un règlement appliqué jusqu’à l’absurde. Notre train est... Supprimé. Officiellement. Par un simple claquement de doigts, une trentaine de passagers sont transformés en zombies administratifs.


Lingostière, la Gare


Lingostière, les Ateliers

5 - LE TRAIN FANTOME

Troisième quart d’heure. Pour la CFSF, nous n’existons plus. Le train suivant va-t-il percuter notre train devenu fantôme ? En attendant, le train venu de Nice finit par nous « croiser », avec 20 minutes de retard. Le calvaire n’est pourtant pas terminé. Notre train pousseur, devant arriver à Lingostière à 8h09, est toujours bloqué à La Manda, attendant sans doute une invocation divine pour nous secourir. Il est 8h20. Rien ne se passe.

6 - LA DELIVRANCE

8H31. Le « train pousseur », le 204, prévu initialement à Lingostière à 8h09, arrive finalement et s’accroche. Nous arriverons au terminus à 8h50, soit 56 minutes après l’heure prévue. Un record, uniquement dû à une direction soi-disant commerciale qui se moque éperdument des actifs qui vont travailler à Nice, arc-boutée sur un règlement sécuritaire extrémiste, et incapable de prévoir la moindre panne sans tomber dans des conséquences excessives.

8 – ET DEMAIN ?

Les autorails des CP sont vieux. Les pannes sont fréquentes. Soit. Faut-il pour autant accuser la fatalité et ne rien faire ? Non.

La Direction doit réviser son règlement en cas de panne avérée. Gouverner, c’est prévoir. Les CP ne prévoient absolument rien. Aucun scénario « de panne » n’a été envisagé. Ce n’est pas la première panne, ni la dernière, et à chaque fois, il y a un quart d’heure de flou, d’hésitations inacceptables. L’interdiction faite aux trains de croiser ailleurs qu’aux gares prévues doit être levée immédiatement en cas de panne avérée. Le secours au train en panne doit devenir une priorité. Le Service au Public, c’est aussi ça. A force de vouloir faire de la « Sécurité » une priorité ultime, on finira par interdire les voitures sur les routes, les avions dans le ciel, aplanir les montagnes et vider la mer. On ne sait jamais, en cas d’accident, de crash, de chute de pierre ou de noyade...

La Direction doit nous expliquer pourquoi il n’a été, à aucun moment, envisagé d’utiliser une des locos « de réserve » pourtant présentes à dix mètres de nous. Elles sont là uniquement pour la décoration, ou tout le matériel CP est-il inutilisable ?

Les usagers doivent réagir en écrivant, systématiquement, aux Chemins de fer de Provence et au SYMA (adresses ici). Accepter que, sous prétexte que c’est « le Train des Pignes », tous les excès sont tolérables, n’est plus acceptable. Les navettes ont été conçues pour les actifs se rendant au travail (ou au Lycée), les employeurs se moquent royalement du « folklore » soi-disant normal sur une ligne régulière. Ce qui nous est arrivé aujourd’hui ne doit pas vous arriver demain. Agir, c’est prévenir.

Il n’y a pas de fatalité dans la situation subie ce matin. Vous l’avez bien compris. A nous de leur faire comprendre.

William Waechter, le 21/02/2006