Coordination des Clients des Chemins de fer de Provence - "Faire de ce Train la fierté de la Provence !"
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 Evènements Mise à jour de cette page le 07/08/06 Edito Aout 2006

Note : Quelques lecteurs ont été surpris de ma lenteur de réaction concernant l'incident médiatique du 20 juillet à Annot (train bondé arrêté à Annot, relaté dans Nice-Matin). Mais il m'a fallu du temps pour être averti de l'incident - tout le monde croyant que j'étais déjà au courant - puis reconstituer l'évènement. Sans compter que je suis moins réactif en juillet-août (semi-vacances), surtout quand une panne de téléphone, suite aux orages, me prive d'internet pendant 9 jours...

CAR A BOSSES



L'Histoire ne se répète pas, elle bégaye !
    Malgré - ou à cause de - une fréquentation incroyablement élevée pour une ligne secondaire, le 21 juillet 1939, la Compagnie - historique, ligne Toulon-St-Raphaël - des Chemins de fer de Provence fut autorisée à "compléter son exploitation par des services automobiles sur route [autocars] pour les voyageurs et les messageries, ainsi que les marchandises à petite vitesse. (...) Avec l'autorisation expresse du Conseil Général, la Compagnie CP pourra remplacer certains de ses trains par des services automobiles sur route".
Quelques années plus tard, la Compagnie ne se priva pas de cet avenant à la convention pour remplacer tous ses trains par des autocars, puis fermer la ligne de Toulon à Saint-Raphaël.

    Depuis le 25 juillet 2006, on peut lire ce charmant panneau dans tous les trains et les gares de la ligne Nice-Digne :
"Nous informons notre aimable clientèle qu'en fonction de l'affluence touristique nous envisageons pour des raisons de sécurité et pour votre confort, de mettre le cas échéant des services complémentaires par autocar. (...)"

Amis touristes, amateurs de trains touristiques, vous avez maintenant le choix entre voyager debout dans un train bondé et prendre un autocar...
Chronique d'une triste époque, où quand une succession de gestionnaires successifs, avares d'investissements, n'arrivent même plus à faire rouler un train.


BIS REPETITA

     Les raisons de sécurité ont bon dos !  La phrase qui devrait être affichée sur les panneaux d'information devrait être la suivante : " Nous informons notre aimable clientèle que, malgré les suppressions de réservations, notre refus d'accueillir les groupes, l'absence de promotion de ce train, et notre volonté de ne pas en faire un atout touristique, nous envisageons de ne plus entasser les voyageurs  dans les sept malheureux  autorails de 50/100 places à bout de souffle qui nous restent, et nous invitons les amateurs, pour leur confort, à suivre la ligne de chemin de fer par la route".
    Celles et ceux qui suivent les infos de ce site ne seront sans doute pas surpris qu'un train arrivant en gare ait une capacité moindre que le nombre de voyageurs attendant sur les quais. Ce n'est pas fréquent, mais c'est habituel. Souvent, les Chefs de trains négocient (plus facile avec des touristes) pour que les passagers prennent le train suivant. Le problème n'est pas limité à l'été, même s'il est plus criant. Et le problème est toujours le même : Il n'y a pas assez d'autorails !


Une gare transformée en arrêt d'autocars (Cavalaire, 1978) : Attention, l'histoire peut se répéter !

Le Train des Pignes, vu par Nice-Matin ? (photo prise à Cavalaire, 1997)
Les trois photos en noir et blanc sont extraites du livre de José Banaudo : "Le Train du Littoral", en vente dans les gares.

    La Direction bicéphale de cette ligne de chemin de fer n'est pas pour simplifier les choses : Dans le contrat qui oppose un gestionnaire public lymphatique (le SYMA) à un exploitant privé calculateur (la CFSF), chacun campe sur ses positions. Le contrat (Délégation de Service Public) donne raison à l'exploitant, en confiant au Syma la responsabilité de fournir le matériel roulant nécessaire à l'exploitation. L'exploitant en profite - et on peut difficilement, techniquement, lui donner tort - pour radier tout ce qui est roulant mais obsolète. Il pourrait, en poussant un peu, radier également la quasi totalité du matériel aujourd'hui en service.
    Les changements de Direction cette année, autant au Syma qu'à la CFSF ont apporté une prise de conscience du caractère dramatique de la situation sur les Chemins de fer de Provence : Mais il est tard, trop tard. Tout ce qui peut être mis en chantier aujourd'hui apportera un mieux, dans le meilleur des cas, que dans le courant 2007, voire 2008.
    Demain (en 2007), la Région remplace le Syma. Sa réponse en matière de matériel roulant est plus que timide. Deux autorails neufs, et une recherche d'autorails d'occasion tardive. On replatre, encore et toujours. Cette solution était celle qu'il fallait apporter  il y a dix ans. Aujourd'hui, il faut remplacer la totalité du parc, et quitte à chercher du matériel d'occasion difficilement trouvable, je m'étonne - et je ne suis pas le seul - que personne ne songe à acheter une locomotive avec des voitures, bref du matériel qui est disponible d'occasion en ce moment. Au lieu de ça, tout le monde croit - sauf les cheminots - en la sortie miracle de la rame IUCL, un assemblage bricolé qui peine à avancer dans les ateliers de Lingostière depuis plus d'un an. Car si cette rame ne sort pas - ou ne roule pas correctement, ce qui revient au même - c'est tout le programme de "grande révision" des autorails existants qui tombe à l'eau. Et là, je vous garantis que vous en verrez, des autocars, sur cette ligne !
    Quant au journal local, parfait pour allumer les feux de cheminées, il n'arrange rien.
 
QUAND NICE-MATIN S'EMMELE...

    Il est malheureux de constater que le seul journal local du département des Alpes-Maritimes maltraite l'information comme il le fait : Quand un quotidien délivre la seule information écrite de tout un département, il devrait - mais c'est un avis personnel - avoir un minimum d'objectivité et de déontologie, et non fournir une info maltraitée, déformée ou orientée.
    Concernant les Chemins de fer de Provence, Nice-Matin oscille entre la non-information et la désinformation. Les articles se suivent et se ressemblent : Petites phrases assassines, articles médisants ou condescendants, ou... rien.
    Trois exemples récents :


Un tramway sur la ligne CP ?
Article du 01/02/06
Lien vers l'article de la CCCP commenté

Pittoresque ! Un article promotionnel ?
Edition du 25/07/06

La "phrase du jour"
Edition du 27/07/06

    Le dernier article (voir ci-dessous), concernant "l'incident" du 20 juillet à Annot, est signé d'un certain L.B.. On peut raisonnablement supposer qu'il s'agit d'un certain Louis Bourgue, correspondant de Nice-Matin à Annot. Ce même journaliste qui a monté en épingle un banal déraillement de train de ballast le 30 juillet 1992, ce qui a provoqué un an et demi de restrictions draconiennes de circulations sur la ligne à l'époque (interdiction de remorques à voyageurs, trains diesel ou à vapeur, trains spéciaux, et trains de travaux !).
    On peut donc noter quelques locutions assassines du genre "incroyable, mais vrai"  pour signaler que le train est bondé, alors que ce phénomène est courant, et pas seulement en été.
    Le terme de "micheline" pour désigner les autorails est cher à Nice-Matin, qui hésite encore à utiliser le terme "tombereau" ou "poubelle" pour désigner les trains, mais le ton méprisant est perceptible.
    Sans compter sur la méconnaissance - voulue ? - du sujet en accusant la légèreté de la Direction, la cause toute trouvée de cette absence curieuse d'autorails  "l'augmentation des navettes de banlieue" : Il faut savoir que, pour Nice-Matin, ce train ne sert à rien à part transporter quelques touristes en été. Alors, pensez-vous, quelle ineptie de mettre des navettes en banlieue de Nice... ?
    Cet article a été "rectifié" par un second article, publié le 29 juillet, où sont intervenus l'exploitant (représenté par Jean-Paul Seiler), le syndicat (Claude Alliès) et le Syma (Michèle Peron). Rien que ça pour expliquer au journal qu'il y a moins d'autorails que de passagers...
    Quant à appeler le "train des pignes" par son nom, Chemins de fer de Provence, c'est sans doute trop pour ce journal !

L'article de Nice-Matin qui a relaté l'incident...
Edition du 21/07/06
(Remerciements à José Banaudo qui m'a transmis cet article)


L'INCIDENT

    Nice-Matin ne s'intéresse à ce train que lorsqu'il brûle, déraille ou laisse des passagers sur les quais...  Mais, même dans ce cas, il faut encore que ces fins limiers soient prévenus par téléphone... Ce qui semble avoir été fait ce jour-là, par un des passagers qui avait le numéro de téléphone du journaliste. La Compagnie a donc affreté un car pour transporter le "surplus". Et voilà toute l'affaire.
    En semaine, que ce soit en été ou en hiver, la Compagnie n'a d'autres ressources (faute de matériel suffisant) que de faire circuler, sur la grande ligne, des autorails uniques que la grande ligne. Or ces autorails, limités en capacité à 50 places assises et une trentaine debout (mise à part la "Soulé", quand elle roule...), sont quelquefois insuffisants.  Il ne s'agit pas ici de vagues "consignes de sécurité", comme avancées, mais du simple fait que l'on ne peut faire entrer 40 personnes là où il n'y a que trente places (debout). Quant à faire voyager des passagers debout...
    Le problème est réel. Il l'est d'autant plus lorsqu'il s'agit de voyageurs ayant d'autre but que le tourisme, et ce phénomène existe aussi en hiver. Un peu plus dramatique, toutefois, lorsqu'un passager doit se rendre au travail ou attraper une correspondance à Digne ou Nice. Mais de cela, Nice-Matin n'en parle jamais.

Cet incident pourrait appuyer les demandes incessantes des Associations, depuis plusieurs années, pour obtenir, un peu plus rapidement et de manière plus conséquente, plus de matériel roulant sur cette ligne. Encore faudrait-il que Nice-Matin joue son rôle de quotidien au service de ses lecteurs, usagers quotidiens des Chemins de fer de Provence.

William Waechter